🏠 Hiver et santĂ© de l’habitat : que se passe-t-il vraiment chez vous ?

L’hiver nous pousse à l’intérieur… mais que se passe-t-il dans nos maisons ?

Électricité, champs électromagnétiques, humidité, qualité de l’air et géobiologie : les perturbations invisibles de la saison froide

L’arrivée de l’hiver ne change pas seulement la température extérieure.

Elle change aussi notre manière d’habiter.

Les fenêtres restent davantage fermées, les journées raccourcissent, l’éclairage fonctionne plus longtemps, le chauffage devient omniprésent, certains appareils électriques sont davantage sollicités et nous passons naturellement plus de temps à l’intérieur.

Notre maison devient alors notre principal environnement de vie.

Et cette évolution saisonnière mérite qu’on s’y intéresse.

Car un habitat ne se résume pas à ses murs, son mobilier et sa décoration. Il possède également un environnement physique invisible : champs électriques et magnétiques, radiofréquences, qualité de l’air, humidité, ventilation, radon, caractéristiques du sous-sol…

En géobiologie, c’est précisément cette relation entre le lieu, le bâtiment et ses occupants qui nous intéresse.


L’hiver : une maison qui fonctionne davantage

En été, une partie de notre vie se déroule naturellement dehors.

En hiver, nous faisons presque l’inverse.

Nous rentrons plus tôt, nous fermons les fenêtres, nous chauffons, nous éclairons et nous utilisons davantage notre logement.

Cette simple modification de nos habitudes entraîne plusieurs conséquences.

La première est évidente : la consommation d’électricité peut augmenter fortement dans les logements chauffés à l’électricité.

Mais il faut immédiatement apporter une précision importante.

Une augmentation de la consommation électrique ne signifie pas automatiquement que tous les champs électromagnétiques présents dans la maison augmentent dans les mêmes proportions.

Il faut distinguer champ électrique, champ magnétique et radiofréquences.

Cette distinction est fondamentale lorsqu’on parle sérieusement de pollution électromagnétique.


⚡ Plus de courant peut signifier davantage de champ magnétique

Le réseau électrique domestique fonctionne à 50 Hz.

Lorsqu’un courant circule dans un conducteur, il génère un champ magnétique. Plus le courant qui circule est important, plus le champ magnétique peut être élevé à proximité du conducteur ou de l’appareil concerné.

Les réseaux électriques et les appareils électroménagers constituent ainsi des sources de champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence dans les logements.

Prenons un exemple très concret.

En hiver, un logement équipé d’un chauffage électrique peut faire fonctionner simultanément :

  • radiateurs ;
  • sèche-serviettes ;
  • chauffe-eau ;
  • plaques de cuisson ;
  • four ;
  • Ă©clairage ;
  • ordinateurs ;
  • tĂ©lĂ©vision ;
  • appareils connectĂ©s.

À certains moments, plusieurs de ces équipements fonctionnent en même temps.

Le courant appelé sur certains circuits augmente alors, et le champ magnétique associé peut augmenter à proximité des conducteurs et équipements concernés.

C’est précisément pour cette raison qu’une mesure sérieuse ne consiste pas simplement à mesurer « le champ électrique de la maison ».

Il faut savoir quoi mesurer, où le mesurer et à quelle fréquence.


⚡ Champ électrique et champ magnétique : deux phénomènes différents

C’est une confusion très fréquente.

Un câble sous tension produit un champ électrique, même lorsqu’aucun appareil ne consomme de courant.

Le champ magnétique, lui, est directement lié au courant qui circule.

Autrement dit :

Tension → champ électrique
Courant → champ magnétique

La configuration des câbles, leur proximité, leur disposition et les appareils raccordés jouent donc un rôle essentiel.

C’est pourquoi deux maisons possédant exactement la même tension de réseau peuvent présenter des environnements électromagnétiques très différents.

Et c’est également pour cela qu’une mesure sur place est beaucoup plus informative qu’une simple estimation théorique.


🔌 Et puis il y a ce que l’on appelle communément « l’électricité sale »

Le terme est devenu courant dans certains domaines de la géobiologie et de la biologie de l’habitat.

Il désigne généralement la présence de perturbations haute fréquence superposées au signal électrique 50 Hz, notamment sur le réseau électrique domestique.

Ces perturbations peuvent être associées à certains dispositifs électroniques et alimentations à découpage.

Ordinateurs, chargeurs, éclairages électroniques, alimentations diverses, variateurs et certains équipements modernes peuvent modifier la qualité électrique du réseau.

Mais là encore, il faut éviter une simplification :

plus de consommation électrique ne signifie pas automatiquement plus « d’électricité sale ».

Ce sont deux phénomènes différents.

La consommation correspond à l’énergie utilisée.

Les perturbations conduites correspondent à la forme du signal électrique et aux composantes qui peuvent s’y superposer.

En hiver, cependant, le nombre d’équipements utilisés et la durée d’utilisation peuvent changer. Cela justifie de regarder ce qui se passe réellement dans une installation plutôt que de partir d’une supposition.


📡 Et les ondes électromagnétiques dans tout ça ?

L’hiver ne crée évidemment pas de nouvelles antennes dans notre salon par magie.

Mais il peut modifier notre durée d’exposition.

Nous passons davantage de temps à l’intérieur, souvent à proximité de nos équipements :

Wi-Fi, smartphones, ordinateurs, tablettes, téléviseurs connectés, objets connectés, enceintes, montres, assistants vocaux, thermostats connectés…

L’ANFR mesure d’ailleurs l’exposition aux radiofréquences dans les logements et lieux accessibles au public et dispose d’un protocole permettant de caractériser les différents services radioélectriques.

L’exposition réelle dépend de nombreux paramètres : distance, puissance d’émission, fréquence, configuration du logement, qualité de réception, utilisation de l’appareil, etc.

Et c’est un point essentiel :

La présence d’un équipement ne signifie pas automatiquement une exposition importante.

Un appareil connecté à quelques mètres n’a pas le même impact sur l’exposition qu’un téléphone utilisé contre le corps.

L’ANFR met d’ailleurs à disposition des données et des mesures permettant de caractériser concrètement ces expositions.


🏠 Le problème n’est donc pas seulement « combien ? », mais aussi « combien de temps ? »

C’est une question que j’aime particulièrement poser lors d’une étude de l’habitat.

On peut regarder :

Quelle est la source ?

Quelle est son intensité ?

Ă€ quelle distance se trouve-t-elle ?

Combien de temps sommes-nous exposés ?

Ă€ quel endroit de la maison sommes-nous le plus souvent ?

Un niveau mesuré à côté d’un appareil que l’on utilise quelques minutes par jour n’a évidemment pas la même signification qu’une source située à proximité immédiate du lit ou du bureau pendant plusieurs heures.

La géobiologie de l’habitat consiste justement à replacer les mesures dans la réalité de la vie quotidienne.


🌬️ Puis arrive un autre problème : l’air intérieur

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Et celui-là est beaucoup moins mystérieux.

En hiver, nous avons tendance Ă  fermer davantage les fenĂŞtres pour conserver la chaleur.

C’est parfaitement compréhensible.

Mais un logement ne doit pas être hermétiquement fermé pour économiser de l’énergie.

L’air intérieur contient de nombreuses substances provenant des matériaux, des produits d’entretien, de la cuisson, du mobilier, des activités humaines, des appareils à combustion et d’autres sources. Le ministère de la Santé rappelle que la qualité de l’air intérieur constitue un véritable enjeu sanitaire et recommande une bonne aération ainsi qu’une ventilation entretenue.

Nous respirons, cuisinons, prenons des douches, faisons sécher du linge…

Toutes ces activités ajoutent de l’humidité et différents polluants à l’air intérieur.

Et si l’air n’est pas suffisamment renouvelé, ils restent davantage dans le logement.


💧 L’humidité : l’autre grande invitée de l’hiver

A smiley face drawn on a wet window, featuring water drops after the rain.

L’hiver apporte également un autre phénomène : les différences de température entre l’intérieur et l’extérieur.

Une paroi froide, un pont thermique, une mauvaise ventilation ou une source d’humidité peuvent favoriser la condensation.

Et lorsque l’humidité devient durable, le risque de développement de moisissures augmente.

L’ADEME recommande notamment de maintenir une humidité intérieure maîtrisée, d’aérer lors des activités qui produisent beaucoup de vapeur d’eau et de rechercher la cause lorsque l’humidité ou les moisissures persistent.

Le ministère de la Santé rappelle que les moisissures peuvent être favorisées par les infiltrations, les remontées d’humidité par le sol, les ponts thermiques et une mauvaise aération. Leur exposition peut notamment favoriser ou aggraver certaines allergies respiratoires et l’asthme.

On retrouve ici un sujet que la géobiologie de l’habitat prend particulièrement au sérieux :

ce qui se passe sous la maison peut parfois avoir des conséquences très concrètes dans la maison.


🌍 Et si le problème commençait sous nos pieds ?

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C’est ici que nous revenons véritablement à la géobiologie.

Un terrain peut présenter :

  • des circulations d’eau souterraine ;
  • des zones humides ;
  • des remontĂ©es capillaires ;
  • des failles ou fractures ;
  • des terrains argileux ;
  • des zones karstiques ;
  • des diffĂ©rences importantes de permĂ©abilitĂ© ;
  • des problèmes de drainage.

Une circulation d’eau souterraine n’est pas en elle-même synonyme de problème même si elle peut drainer des énergies ou des mémoires.

Ce qui compte, c’est son interaction avec le bâtiment.

Une maison correctement conçue, drainée et protégée peut parfaitement se trouver sur un terrain où circule une nappe.

À l’inverse, une mauvaise gestion de l’humidité peut entraîner des désordres importants.

C’est pourquoi, face à un mur humide, je ne cherche pas systématiquement une « veine d’eau ».

Je cherche d’abord à comprendre d’où vient réellement l’humidité.

Capillarité ? Infiltration ? Condensation ? Défaut de ventilation ? Pont thermique ? Fuite ? Configuration du terrain ?

La réponse peut être multiple.


🧭 La géobiologie ne consiste pas à chercher une cause unique

C’est probablement l’un des points les plus importants de ma façon de travailler.

Un habitat est un système.

Le sous-sol interagit avec le bâtiment.

Le bâtiment interagit avec l’air.

L’installation électrique crée son propre environnement électromagnétique.

Les équipements communicants ajoutent leurs radiofréquences.

Les habitudes des occupants modifient encore l’ensemble.

Et la saison vient changer nos habitudes.

On peut donc représenter la situation ainsi :

HIVER

↓
davantage de temps à l’intérieur
↓
chauffage + éclairage + équipements davantage sollicités
↓
modification de certains champs électriques et magnétiques locaux
↓
plus longue durée de présence dans l’environnement intérieur

Parallèlement :

HIVER

↓
fenêtres davantage fermées
↓
renouvellement d’air potentiellement insuffisant
↓
accumulation d’humidité et de certains polluants
↓
condensation / risque de moisissures si les conditions sont réunies

Et encore :

EAU + TERRAIN + BÂTIMENT

↓
humidité persistante éventuelle
↓
remontées capillaires / infiltration / condensation
↓
dégradation du bâtiment et développement possible de moisissures

Voilà pourquoi je préfère parler d’une approche globale de l’habitat plutôt que de chercher une seule « pollution ».


⚠️ Et il existe aussi une pollution invisible dont on parle beaucoup moins : le radon

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Le radon mérite une place particulière dans une réflexion sur l’habitat.

C’est un gaz radioactif naturel, provenant du sous-sol et que l’on peut retrouver dans les caves.

Il peut pénétrer dans les bâtiments depuis le sol ou les matériaux selon les caractéristiques du terrain et du bâtiment.

Certaines régions françaises sont particulièrement concernées, notamment des secteurs granitiques, volcaniques ou schisteux.

Le ministère de la Santé rappelle que le radon est un cancérogène pulmonaire certain et qu’il constitue un enjeu important de qualité de l’air intérieur.

Et là encore, l’hiver peut avoir son importance : un bâtiment davantage fermé et insuffisamment ventilé peut favoriser l’accumulation de polluants intérieurs, ce qui explique pourquoi la ventilation reste essentielle même pendant la saison froide.

Le radon est un excellent exemple de ce que j’appelle les pollutions invisibles : on ne le voit pas, on ne le sent pas et on ne peut pas le détecter avec nos sens.

Il faut donc le mesurer.


🔎 Mesurer plutôt que supposer

C’est probablement le message essentiel que j’aimerais faire passer.

Lorsqu’on parle de géobiologie et de pollutions électromagnétiques, il est très facile de tomber dans les affirmations générales :

« Cette maison est mauvaise. »

« Il y a forcément une onde ici. »

« Cet appareil est dangereux. »

Ce n’est pas ma façon de travailler.

Un habitat se mesure. Il s’observe. Il s’analyse.

Les champs électriques et magnétiques peuvent être mesurés.

Les radiofréquences peuvent être mesurées.

L’humidité peut être mesurée.

La température peut être mesurée.

Le CO₂ peut être mesuré.

Le radon peut être mesuré.

Et les désordres du bâtiment peuvent être examinés.

L’ANFR permet d’ailleurs à toute personne de demander gratuitement une mesure officielle de l’exposition aux ondes radioélectriques dans un logement ou un lieu accessible au public.

Pour les champs liés au réseau électrique, les méthodes de mesure sont également bien établies : l’INRS décrit notamment les appareils utilisés pour mesurer les champs électriques et magnétiques à 50 Hz.


❄️ L’hiver est donc un excellent moment pour regarder autrement son habitat

Close-up of a woman's eye framed by a cozy winter hat, capturing subtle details.

L’arrivée de la saison froide est finalement une sorte de révélateur.

Nous passons davantage de temps chez nous.

Nous consommons davantage d’énergie dans certains logements.

Nous utilisons davantage certains équipements.

Nous aérons parfois moins.

L’humidité peut devenir plus problématique.

Les phénomènes de condensation apparaissent plus facilement dans certaines configurations.

Et les défauts du bâtiment que l’on ne remarquait pas en été deviennent parfois beaucoup plus visibles.

L’hiver nous oblige donc à nous poser une question simple :

Dans quel environnement vivons-nous réellement lorsque nous sommes chez nous ?


🏡 Une maison confortable n’est pas forcément un habitat sain

C’est une distinction qui mérite d’être faite.

Une maison peut être chaude, silencieuse, bien décorée et parfaitement confortable…

tout en présentant :

  • une ventilation insuffisante ;
  • une humiditĂ© excessive ;
  • des moisissures ;
  • du radon ;
  • des champs Ă©lectromagnĂ©tiques localement Ă©levĂ©s ;
  • des Ă©quipements connectĂ©s mal placĂ©s ;
  • ou des dĂ©fauts du bâtiment favorisant certains dĂ©sordres.

À l’inverse, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et considérer qu’un habitat présentant un champ électromagnétique mesurable ou une circulation d’eau souterraine est nécessairement dangereux.

Tout est une question de contexte, de mesure et d’interprétation.

C’est là que la géobiologie prend tout son intérêt : observer le lieu dans sa globalité.


🌿 Préparer sa maison à l’hiver : quelques gestes simples

Avant même de faire réaliser une étude complète, quelques habitudes sont particulièrement utiles :

🌬️ Aérer

Même en hiver, aérer régulièrement reste indispensable. Le ministère de la Santé recommande notamment une ouverture en grand des fenêtres pendant au moins 10 minutes par jour et lors des activités générant des polluants ou de l’humidité.

💧 Surveiller l’humidité

Un simple hygromètre permet déjà de suivre l’évolution de l’humidité intérieure.

🔌 Observer son installation électrique

Identifier les équipements fortement consommateurs et les circuits proches des lieux où l’on passe beaucoup de temps peut être intéressant.

📱 Prendre du recul avec les équipements communicants

Éviter de placer inutilement les appareils émetteurs au plus près du corps ou des lieux de sommeil est une mesure de précaution simple.

🛏️ Observer l’environnement du lit

Le lit est un emplacement particulièrement intéressant à examiner puisqu’il constitue généralement un lieu d’occupation prolongée.

🔎 Mesurer lorsqu’il y a un doute

Plutôt que de déplacer dix appareils au hasard ou d’acheter des dispositifs « anti-ondes » sans savoir ce qu’ils sont censés corriger, commencer par mesurer.


L’hiver nous enferme davantage. Profitons-en pour regarder ce qui nous entoure.

Nous parlons beaucoup de consommation énergétique, de chauffage et de facture d’électricité lorsque l’hiver approche.

Mais il existe une autre question :

Que devient notre environnement intérieur lorsque nous passons davantage de temps entre quatre murs ?

La réponse ne se trouve pas dans une seule mesure.

Elle se trouve dans la combinaison de plusieurs paramètres :

le bâtiment, le terrain, l’eau, l’humidité, la ventilation, l’électricité, les équipements communicants et nos habitudes de vie.

C’est précisément cette vision globale qui m’intéresse dans la géobiologie.

Parce qu’un habitat n’est pas seulement un endroit où l’on dort.

C’est l’environnement dans lequel nous passons une grande partie de notre vie.

Et parfois, pour améliorer un lieu, il suffit déjà de commencer par une chose :

rendre visible ce qui ne l’est pas.


Sources et références

Article proposé par Pascal Martinez . Géobiologue . Energéticien

Tel 0629454787

Site : www.pmondes.fr